Figures de témoins… Trois versions du devoir de mémoire !

"J'ai enfilé la mauvaise route ! Moué ! J'ses un gars qu'a mal tourné"Deux docus et une fiction qui posent, chacun à leur manière une problématique commune, celle de la mémoire et de sa transmission. Certes, me direz-vous, ils nous disent bien d’autres choses, mais allez savoir pourquoi, c’est dans l’échange avec son réalisateur, lors de l’avant-première de Bernard, ni dieu ni chaussettes de Pascal Boucher, que m’est apparu le lien entre ces trois films récents, dont la carrière que l’on souhaite honorable, ne bousculera pas la hiérarchie du box-office.

Si les deux documentaristes respectent en Depardon un glorieux ainé, pas de longs plans fixes chez eux, pas de hiératisme, mais une caméra curieuse et mobile qui s’attache à des personnages attachants.

Ne laissons pas aujourd'hui place à la résignationDans Walter, retour en résistance de Gilles Perret, le rescapé du maquis des Glières, qui rencontre les collégiens savoyards et dénonce les tentatives de récupération de notre Président aux épaules agitées, témoigne de la grande histoire, mais son contrepoint, vigneron en retraite, apparait comme un vestige de cette paysannerie qui disparaît. La mémoire qu’il transmet n’est pas seulement celle du poète Beauceron, Gaston Couté, mais celle d’une France rurale condamnée par la modernité en marche.


Dans La Révélation de Hans-Christian Schmid, les deux personnages (féminins cette fois-ci) sont en contrepoint du même film et finissent même par confondre leurs rôles.
De la procureure du tribunal pénal international de La Haye pour l’ex-Yougoslavie, et de son témoin à charge, c’est la seconde qui apparaît la plus forte, dans sa volonté de témoigner, malgré les pressions, les intimidations et les petits arrangements politiques de la nouvelle Europe, de cette autre catastrophe humaine qu’a représenté le dernier conflit majeur sur le territoire européen.

Trois films maîtrisés, quatre personnages forts, sept bonnes raisons de se poser, encore et toujours la question salutaire du devoir de mémoire, et de nous rappeler notre mission de passeurs.

Toujours visibles en salle et bientôt en DVD dans nos collections.

A (ré)écouter les enregistrements des textes et chansons de Gaston Couté, sur l’album « historique » de Bernard Meulien et Gérard Pierron ou les reprises « inspirées » de ce dernier avec les musiciens de Mustradem à Grenoble.

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