Nouveau site : vdl-asso.fr

Nous vous invitons à découvrir le nouveau site de VDL :

http://vdl-asso.fr

Modifiez vos favoris 😉

Publicités

Tchavolo Schmitt

Miri familia / Tchavolo Schmitt. – Le chant du monde, 2008. – 1 cd.

Chez les Manouches la musique est une affaire de famille. Miri familia est le résultat de l’association de Tchavolo Schmitt (Belleville, 1954), guitariste virtuose et aux compositions chaleureuses, avec trois de ses cousins, aussi guitaristes : Mandino et Sony Reinhardt et Hono Winterstein.

Digne héritier du grand Django, que ce soit avec des standards (« After you’ve gone »,  « The sheik of Araby »,  « Just one of those things » …) ou des compositions propres, Tchavolo passe avec toute naturalité des mélodies les plus sensuelles aux rythmes les plus endiablés, et à chaque fois ce sont de nouvelles émotions qui nous gagnent. C’est une redondance de dire que cette musique invite au voyage, mais comme l’été est déjà là, avec ses routes, ses gares et ses terrasses, osons le dire !

Des extraits en écoute ici.

Joan FP

The Heavy

Chers et chères,

Voici un premier coup de cœur. D’autres suivront bientôt…

The House that dirt built / The Heavy. – PIAS, 2009. – 1 cd.

Vous préférez le rock ou la soul ? The Heavy vous offrent les deux, et même plus, pour le prix d’un. Le deuxième album de la bande anglaise, The house that dirt built, sorti fin 2009, est un condensé d’influences où se croisent les guitares de Led Zeppelin (« What you want me to do ? »), les cuivres Motown (« How you like me now ? »), le lo-fi garage (« Oh no ! Not You Again !! »), la légèreté pop (« Love like that »), la soul la plus déchirante (« Sexteen »), et même le reggae (« Cause for alarm »). Enfin, la ballade finale (« Stuck ») rappellera à certains les mélodies les plus accrocheuses du tournant des années 80-90…  Loin de partir dans tous les sens, tout cela tient, et la voix de Kelvin Swaby n’y est pas pour rien. Un album qui vaut le détour.

En écoute ici.

A bientôt !

Joan FP

Electro-chocs aux Abattoirs !! Les bovidés sont au courant mais ne porteront pas plainte !!

Je me décide à inaugurer ce Blog pour vous parler du 5ème Festival ELECTRO-CHOCS à la SMAC (Scène des Musiques actuelles) « Les Abattoirs » de Bourgoin-Jallieu.

Vendredi 16 Avril : soirée électro-world et c’est le groupe DA CRUZ qui entama la soirée. On fut tout de suite dans l’ambiance grâce à la personnalité de la très belle et jeune chanteuse, originaire de Sao Paulo, émigrée en Suisse (si çà arrive)  et qui a su nous proposer un savant mélange de bossa, samba rock, électro.

Enchaîna ensuite le collectif  NOVALIMA d’origine Péruvienne, dispersé dans le monde mais réuni pour notre plus grand plaisir, avec une relecture de la tradition mâtinée d’électro (seul bémol, si j’ose dire, le clip qui nous montrait en boucle des personnages sur une vieille bobine et un âne…il y avait peut-être un sens mais je ne comprends pas plus l’Espagnol que le Portugais).

Puis le DJ CLICK LIVE BAND clôtura la soirée et là ce fut l’apothéose.  Avec ses platines sur un autel digne du New Age, ce transfuge du Hip-Hop a embrassé la culture Tzigane de Roumanie avec une danseuse et un saxophoniste indigènes, une chanteuse Sarde et une violoniste Française. Le souffle des Balkans est passé dans la salle, artistes et spectateurs se sont tous retrouvés sur la piste. Un spectacle époustouflant dont ses CD, même en live, n’en donnent évidemment pas la dimension.

Vous pensez que çà s’arrête là mais non,  le spectacle continue…

…avec la soirée de clôture du Samedi 17, çà commence fort en compagnie d’ODDATEEE, rappeur new-Yorkais à l’énergie inimitable,  mélange de Hip-Hop, Hispano, et de New-York sound.

Suivit le trio LIMA DJARI avec leurs compositions, reprises (« Ne me quittes pas », original !), une chanson solo à la guitare acoustique (pas très heureuse la guitare) et une remarquable création vidéo.

Puis les deux DJ de BEAT TORRENT attirèrent la foule (100 jeunes en plus d’un coup qui se volatilisèrent pour la plupart à la fin de la prestation pour aller en boite, si si si). Une efficacité redoutable pour le son (sensibles aux acouphènes n’en rajoutez pas ) et l’image.

Tout redevint plus calme avec ZOMBIE ZOMBIE, musique planante (tendance ambient) surprenante à l’heure actuelle, prise à partie d’ailleurs par quelques individus qui voulaient continuer de  sauter et n’y trouvaient pas leur compte…

Et le bouquet final avec SYSTEMA SOLAR, venu directement de la côte Caribéenne de la Colombie (et dont le chanteur principal est resté coincé à l’aéroport de Madrid – remplacé au pied levé par un autre musicien) avec leur costume digne du « Cinquième élément », une vidéo musicale axée sur la danse et la propagation du bonheur assortie de tempos Africains et Sud-américains, ils ont véritablement mis le feu.

NON promis je ne vous parlerai pas du « PEUPLE DE L’HERBE »,  de GALLIANO, et du KUDURO SOUND SYSTEM, délocalisés à la SMAC « Le Fil » de Saint-Etienne, de FAUST GO TO HELL (étonnant spectacle mais raté car animations à la Médiathèque), non je ne vous en parlerai pas mais vous dirai que nous avons beaucoup de chance à Bourgoin-Jallieu d’avoir entre autres  une salle comme celle-ci qui travaille comme nous à la mise en avant de certains groupes émergents ou pas forcément grand public, -avec également des « grosses pointures »- et que si vous vous trouvez à passer par chez nous dans la première quinzaine d’Avril, faites le détour…pour le 6ème Festival ou tout simplement consulter le site.

Samedi 24 Avril : on change de style ! Soirée « Inde » élargie avec TRILOK GURTU + ARASH and THE WISE ORKESTRA. A bon entendeur…

Juste un dernier mot : le prix des places (en moyenne 15 €) garantit l’accès à la culture pour un bon nombre.

Brigitte CONSTANT (Bibliothécaire Electro-Sereine).

Une trilogie européenne

Non, je ne suis pas devenu fétichiste du chiffre trois, d’ailleurs pour dissiper tout malentendu vous en aurez quatre pour le même, prix petits veinards !
Ne nous voilons pas la face, la question religieuse n’est pas la préoccupation majeure de ce jeune réalisateur de moins de quarante ans, mais bien celle de l’acculturation, passée au prisme de la co-existence et de la compatibilité entre sa Turquie d’origine et sa nationalité allemande…

Un choc culturel n’accrédite, pour autant, en rien un « choc des civilisations ».
Nous avions « positivement » adoré trois précédents opus de Fatih Akin, et la sortie récente de Soul kitchen a confirmé tout le bien que nous pensions de cet énergumène.
Son cinéma, jusqu’ici plutôt porté sur le drame social, nous a habitué à être bouleversés par des personnages attachants.

Ceux qui s’agitent ici le sont tout autant mais, cette fois-ci, sur le mode de la comédie. Avec des airs de faux polar et sur fonds de spéculation immobilière, il nous conduite vers un happy-end inhabituel mais pas incongru. Quelques instants de calme dans un monde de brutes !
Cerise sur le gâteau, et qui justifie amplement tout le parti-pris favorable que je souhaite vous faire partager, deux de mes passions irriguent ce film jubilatoire : la cuisine et la musique afro-américaine … les deux combinées et mises à toutes les sauces … cocktail grisant !
… et puis, affubler un produit du septième art d’un titre emblématique des Doors, et choisir comme héros un sosie de Jim Morrison, ça ouvre des portes, non ? La bande son, à elle seule, vaut le détour, et nous gratifie sur la fin d’un clin d’oeil jazzy, référence à Pharoah Sanders, The créator has a master plan… tout un programme !

Et puisque VDL se préoccupe autant (voire plus) de musiques que d’images, Crossing the bridge, the sound of Istambul sorti en 2004 et dont le nom affiche le programme musical, ferait un bonne transition… n’est-ce pas ?

Trois sur quatre disponibles en dvd (Head on – 2004, Crossing the bridge – 2005, De l’autre côté – 2007), le dernier (Soul kitchen – 2009) encore sur grand écran… le rêve… oriental !


Promis, la prochaine fois je ne parle que de musique !

Figures de témoins… Trois versions du devoir de mémoire !

"J'ai enfilé la mauvaise route ! Moué ! J'ses un gars qu'a mal tourné"Deux docus et une fiction qui posent, chacun à leur manière une problématique commune, celle de la mémoire et de sa transmission. Certes, me direz-vous, ils nous disent bien d’autres choses, mais allez savoir pourquoi, c’est dans l’échange avec son réalisateur, lors de l’avant-première de Bernard, ni dieu ni chaussettes de Pascal Boucher, que m’est apparu le lien entre ces trois films récents, dont la carrière que l’on souhaite honorable, ne bousculera pas la hiérarchie du box-office.

Si les deux documentaristes respectent en Depardon un glorieux ainé, pas de longs plans fixes chez eux, pas de hiératisme, mais une caméra curieuse et mobile qui s’attache à des personnages attachants.

Ne laissons pas aujourd'hui place à la résignationDans Walter, retour en résistance de Gilles Perret, le rescapé du maquis des Glières, qui rencontre les collégiens savoyards et dénonce les tentatives de récupération de notre Président aux épaules agitées, témoigne de la grande histoire, mais son contrepoint, vigneron en retraite, apparait comme un vestige de cette paysannerie qui disparaît. La mémoire qu’il transmet n’est pas seulement celle du poète Beauceron, Gaston Couté, mais celle d’une France rurale condamnée par la modernité en marche.


Dans La Révélation de Hans-Christian Schmid, les deux personnages (féminins cette fois-ci) sont en contrepoint du même film et finissent même par confondre leurs rôles.
De la procureure du tribunal pénal international de La Haye pour l’ex-Yougoslavie, et de son témoin à charge, c’est la seconde qui apparaît la plus forte, dans sa volonté de témoigner, malgré les pressions, les intimidations et les petits arrangements politiques de la nouvelle Europe, de cette autre catastrophe humaine qu’a représenté le dernier conflit majeur sur le territoire européen.

Trois films maîtrisés, quatre personnages forts, sept bonnes raisons de se poser, encore et toujours la question salutaire du devoir de mémoire, et de nous rappeler notre mission de passeurs.

Toujours visibles en salle et bientôt en DVD dans nos collections.

A (ré)écouter les enregistrements des textes et chansons de Gaston Couté, sur l’album « historique » de Bernard Meulien et Gérard Pierron ou les reprises « inspirées » de ce dernier avec les musiciens de Mustradem à Grenoble.

Et Guillon de la conscience…

Guillon a un petit air chafoin, avec son regard mouillé de loutreOn connaissait Guillon impertinent et sans complaisance mais là, à travers ce film sans concessions, il n’est qu’un outil particulièrement efficace au service d’un scénario brillant, riche, extrêmement bien écrit et surtout pas politiquement correct.

Le temps de la kermesse est terminé est un film en rupture avec l’image débordante de compassion que l’on peut avoir de l’Afrique.
Du pain béni pour le sieur Stéphane qui s’en tire à merveille en donnant une épaisseur et une dimension touchante à un personnage contradictoire et cynique, perdu mais incapable de se l’avouer, à travers une histoire où transparaît toute la complexité et l’ambiguité des rapports humains et sociétaux : Nord/Sud, Homme/Femme, colon/colonisé, France/Afrique.

Dur, âpre, désespéré mais aussi parfois tendre et émouvant, un film superbe où l’amour sait être présent même s’il s’exprime dans la violence et la douleur, toujours sujet à caution englué qu’il est dans les intérêts réciproques de l’une et l’autre parties d’un même monde.

Un film « heureusement » dérangeant.

%d blogueurs aiment cette page :